"Opération Maillot", du nom du martyr de la cause algérienne Henri Maillot, est le titre d’un projet de film retenu au programme cinéma du ministère de la Culture pour la célébration du 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie.
Ce long métrage, une fiction, dont la réalisation est confiée au réalisateur algérien Okacha Touita, est produit par "Laïth Média". Son tournage devrait intervenir entre juillet 2012 et juillet 2013.
Contacté par l’APS, le producteur, Yacine Laloui, s’est limité à rappeler que le scénario du film, coécrit par le réalisateur et la scénariste française Nadia Char, a été retenu par la commission de lecture, présidée par le cinéaste Moussa Haddad, tout en affirmant ignorer les autres détails sur le casting et la date du début de tournage, entre autres.
Portrait
Né le 11 janvier 1928 à Alger, Henri Maillot a grandi à Clos Salembier (Madania actuellement). Il rejoint très tôt le PCA (Parti communiste algérien), après avoir été secrétaire général de l’Union de la jeunesse démocratique algérienne (Ujda), un cercle où activait, entre autres, Taleb Abderrahmane, guillotiné en avril 1958.
Mobilisé par l’armée française en 1956 avec le grade d’aspirant, Henri Maillot déserte le 4 avril de la même année son bataillon stationné dans la région de Méliana, en détourant un camion d’armes à destination des maquis de la wilaya IV (centre).
Il meurt sous les balles de l’armée coloniale le 5 juin 1956 dans la région de Chlef, après avoir livré un combat héroïque face aux soldats français.
Henri Maillot repose au cimetière d’El Madania, après que ses cendres eurent été transférées à Alger au lendemain de l’indépendance. Okacha Touita a réalisé depuis les années 1980 plusieurs longs métrages dont "Les sacrifiés" et "Le cri des hommes". "Morituri", une adaptation du polar politique éponyme de Yasmina Khadra sorti en 2007, est son dernier long métrage.
La répression qui frappe les musulmans après le massacre du Constantinois (département de Constantine) d'août 19551, marque profondément Henri Maillot, qui va alors confirmer ses choix politiques et se joindre aux Algériens engagés dans la lutte pour l'indépendance.
En 1956, Henri Maillot est affecté au 57e bataillon de tirailleurs de Miliana, avec le grade d'aspirant. Le 4 avril 1956, il déserte et détourne un camion d'armes et de munitions pour rejoindre un groupe de maquisards communistes qui s’étaient constitué dans la région d'Orléans-ville sous la responsabilité d'un membre du Bureau clandestin du PCA, Abdelkader Babou. Quelques jours plus tard, il adresse aux rédactions des journaux français une lettre où il écrit notamment : « Au moment où le peuple algérien s'est levé pour libérer son sol national du joug colonialiste, ma place est aux côtés de ceux qui ont engagé le combat libérateur ».
Mort au champ d’honneur
Le 22 mai 1956 Henri Maillot est condamné à mort par contumace pour trahison par le tribunal militaire d'Alger. Le 5 juin 1956, le groupe de huit maquisards du "maquis rouge" que commande Henri Maillot est surpris par les troupes françaises près de Lamartine (aujourd'hui El Karimia) dans la région d'Orléans-ville (aujourd'hui Chlef). Trois membres du groupe sont tués au combat : Belkacem, Hammi et un Européen, Maurice Laban, membre du parti communiste algérien, ancien combattant de la guerre d'Espagne et ancien Résistant.
Henri Maillot, quant à lui, est pris vivant puis confié aux Gendarmes mobiles. Après deux heures de tortures on lui dit de filer. Il part à reculons en criant « Vive le parti communiste algérien ! » et s'écroule sous une rafale.