Défenseur du tiers-mondisme, le professeur Mohamed Dowidar de la faculté de droit d’Alexandrie estime, dans un entretien accordée à Algérie News, que la demande de prêt formulé par le FMI auprès de l'Algérie est destinée à satisfaire un besoin exprimé par l’Europe.
« Vous avez, dit-il, la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et l’Italie tandis que ni la France, ni l’Allemagne ne sont à l’abri. (…) Après que la crise soit devenue souveraine et s’est aggravée, (…) on a décidé d’impliquer le FMI pour soutenir les pays qui vont prêter de l’argent à la Grèce et aux autres pays en difficulté ».
« On se tourne naturellement vers l’Algérie qui a des réserves. Sachant que vous avez des besoins et des attentes sociales urgentes, vous aidez les autres pays à sortir de la crise et vous laissez votre propre crise en l’état. Vous être libres de faire le choix », a ajouté le professeur Dowidar, pour qui « l’argent octroyé ne va pas aller aux pays pauvres ».
« Pourquoi prêter au FMI s’interroge encore le professeur Dowidar, alors que des pays comme l’Egypte baisent les pieds de cette institution pour avoir un prêt ? L’Algérie est certes un Etat membre du FMI mais les Etats-Unis le sont aussi et ont une plus grande part de responsabilité. S’il s’agit de contribuer au financement du système rentier Américain et avoir en retour l’inflation, je crois que le choix est vite fait ».
Dans le contexte actuel de crise du capitalisme, le professeur revient par ailleurs sur les raisons qui font que les pays du sud ont continué à subir les affres du néocolonialisme et commente à ce propos les conséquences de l’investissement étranger dans les pays dit « en développement ».
« L’histoire, les données et les chiffres attestent, explique-t-il, que l’investissement étranger ne vient pas pour apporter le développement mais pour faire dans l’exploitation à travers, soit la dette extérieure, ou la présence effective dans les pays d’accueil ».
« En définitive, déclare-t-il un peu plus loin, tu donnes au capital étranger toutes les garanties et facilités mais sans lui faire obligation de tenir compte des plans de développement du pays ».
Prenant en exemple le cas de l’Algérie, Mohamed Dowidar questionne : « Montre-moi, insiste-t-il, un seul complexe industriel bâti dans les années 70 et 80 qui est resté en l’état, à El Hadjar, à Bouira ou ailleurs ». Et de s’interroger : « Est-ce que l’absence ou la présence du capital étranger a changé quelque chose ? Quel est le changement qualitatif qui a abouti en cinquante ans à l’ouverture du capital étranger sur l’industrie en Algérie ».
Commentant la « quête effrénée » de l’Algérie à accéder aux nouvelles technologies, le professeur considère que ce n’est pas un choix idéal. Selon lui il aurait fallu réaliser un bouquet technologique diversifié pour atteindre les différents secteurs économiques. « Le choix retenu a entraîné une économie en main-d’œuvre ». « En définitive relève-t-il, il n’y a ni l’inventeur, ni l’Etat, ni le projet qui te donne la technologie ».
Mohamed Dowidar, qu’Algérie News présente comme celui qui a « théorisé » le développement de l’Algérie avant même qu’elle n’accède à son indépendance, rappelle que sur le plan éducatif, l’université Algérienne, après la libération, «rayonnait sur toute l’Afrique du Nord ».
Il signale encore, que c’est tout de suite après le recouvrement de l’indépendance que fut créée dans le pays, la première maison d’édition du Tiers-monde, transformée plus tard en Société nationale d’édition, (SNED).
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