Les représentants de plusieurs pays ont critiqué avec virulence hier, à l’Assemblée générale de l’ONU, le fonctionnement du Conseil de sécurité et l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations sur les changements à lui apporter pour une représentation équitable.
Intervenant au nom du Groupe des Etats d’Afrique, le représentant de la Sierra-Leone a souligné l’injustice faite à l’Afrique, qui représente 70% des décisions du Conseil de sécurité, tout en étant sous-représentée.
La réforme du Conseil de sécurité, a-t-il déclaré, doit traduire la volonté commune des deux tiers des Etats membres de l’ONU.
Conformément au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Syrte, le continent Africain réclame deux sièges permanents au Conseil de sécurité avec toutes les prérogatives s’y rattachant, y compris le droit de veto et cinq sièges non permanents, a-t-il souligné.
Au nom du Mouvement des pays non alignés, le représentant de l’Egypte a lui aussi, mis l’accent sur l’injustice historique faite à l’Afrique et a appelé à une réforme du Conseil de sécurité pour améliorer la représentativité du continent.
Il a prévenu que les Etats d’Afrique pourraient demander plus de sièges permanents et non permanents s’ils découvrent que des régions du monde plus petites obtiennent plus de sièges que ne l’exige leur taux de représentation.
Dans son intervention, le représentant de la Tunisie a pour sa party affirmé que le Conseil de sécurité ne doit en aucun cas devenir le club privé de pays bénéficiant de privilèges spéciaux, considérant que ce serait là un danger pour les résolutions qu’il adopte.
La représentante des Etats-Unis, tout en se disant favorable à l’élargissement du Conseil, d’une manière qui ne diminue en rien son efficacité, a cependant estimé que celui-ci devrait se faire au cas par cas, et que les Etats-Unis ne sont pas prêts à appuyer une réforme qui modifie la structure actuelle du droit de veto.
Le représentant du Venezuela a réitéré la position de son pays pour une augmentation du nombre des membres permanents et non permanents, « pour y inclure dit-il, des pays en développement d’Afrique, d’Asie, et d’Amérique latine et des Caraïbes ».
« Les peuples de ces continents se sont vus privés de l’exercice de cette responsabilité depuis plus de 60 ans », a-t-il observé, estimant que le veto était un mécanisme anachronique et antidémocratique « en opposition avec le principe d’égalité souveraine des Etats ». Il a plaidé pour son élimination ou la limitation de son utilisation.