Guerre d’accusations tous azimuts au lendemain du double attentat suicide sans précédent à Damas et qui a fait, selon les derniers bilans, 44 morts et 166 blessés. Pour sa part, le Conseil national syrien (CNS), principal mouvement d'opposition en Syrie, a directement imputé les attentats au régime du président Bachar al-Assad mettant en avant le timing entre le sinistre massacre et l’arrivée, la veille, d’une délégation arabe qui doit préparer la prochaine venue d’observateurs. Ceci alors que les autorité syriennes mettent en cause Al-Qaïda.
Synthèse Yasmina Ferchouche
« Le régime syrien, seul, porte toute la responsabilité directe des deux explosions terroristes », écrit le CNS dans un communiqué. Le régime « a voulu adresser un message de mise en garde aux observateurs, pour qu'ils ne s'approchent pas des centres de sécurité », estime le CNS. De leur côté, les autorités syriennes ont imputé les attentats à Al-Qaïda, les attaques ayant ciblé la Direction de la sûreté générale et un bâtiment de la Sécurité militaire.
L'Iran condamne les attentats de Damas
A même moment, l'Iran a « condamné avec force » les attentats suicide rapporte l'agence officielle Irna. « Les menaces à la sécurité nationale de la Syrie et l'instabilité, que les ennemis cherchent à provoquer, ne sont pas une menace seulement pour les Syriens, mais aussi pour d'autres nations dans la région », affirme le communiqué du ministère iranien des Affaires étrangères.
Condamnation du Conseil de sécurité en l’absence d’un consensus sur une résolution
Par ailleurs, les quinze membres du Conseil de l'ONU ont condamné vendredi ces attentats sans précédent perpétrés à Damas, mais n'arrivaient toujours pas à se mettre d'accord sur un projet de résolution présenté par la Russie et critiqué par les Occidentaux.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a « condamné dans les termes les plus forts les attentats » et présenté ses « condoléances les plus sincères aux victimes de ces actes odieux et à leurs familles ainsi qu'au peuple syrien ». D'ordinaire, le Conseil de sécurité présente ses condoléances au gouvernement du pays touché par ce genre d'attaques
La délégation arabe doit rencontrer Mouallem au lendemain des attentats
La délégation de la Ligue arabe devait rencontrer ce samedi le chef de la diplomatie syrienne à Damas. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a pour sa part exhorté la délégation de la Ligue arabe à se rendre « immédiatement » à Homs, haut-lieu de la contestation, après la mort samedi de quatre civils « portant des traces de torture ».