L'Algérie qui dispose d'une flore diversifiée a recensé plus de 3.100 espèces végétales dont 7,2% sont menacées de disparition, selon un rapport sur les ressources génétiques forestières.
Sur un total de 3.139 espèces végétales recensées, 226 sont menacées de disparition, selon ce document présenté lors d'un atelier national sur les ressources génétiques forestières organisé, mercredi à Alger, par l'Institut national de recherche forestière (INRF) en collaboration avec la FAO.
L'Algérie compte également plus de 855 espèces forestières représentant 28% de toute la flore indique ce rapport élaboré par un groupe de travail représentant les instituts techniques et scientifiques du secteur de l'Agriculture et du Développement rural, de la Direction générale des forêts avec la contribution d'universitaires.
Vu l'intérêt "stratégique" de ces espèces, dont certaines se font rares, sur le plan scientifique, social et économique, les chercheurs recommandent d'engager des "actions urgentes" de conservation.
"L'utilisation de la télédétection et des systèmes d'information géographiques s'avèrent aujourd'hui une nécessité pour une meilleure maîtrise des ressources phytogénétiques", selon le rapport.
Espace naturel et espace de recherche
La préservation de ces espèces comprend deux volets: la conservation in situ (dans son espace naturel) et la conservation ex situ (espace de recherche). Pour la première, les chercheurs proposent "la mise en place de noyaux de conservation à l'enceinte des parcs nationaux et réserves naturelles pour faire un suivi des espèces en voie de disparition".
L'Algérie dispose de 11 parcs nationaux, de 5 réserves naturelles, de 4 réserves de chasse et de 42 zones humides qui disposent d'une flore importante, alors que plusieurs réserves naturelles sont en programmation.
Une question cruciale pour la sécurité alimentaire
"L'atelier devrait adopter des mesures de terrain pour faciliter la conservation de nos espèces végétales et forestières car elles ont un grand intérêt stratégique dans l'amélioration de la sécurité alimentaire de notre pays", a indiqué à l'APS Mohamed Khemici chercheur à l'INRF.
"L'agriculture ce n'est pas uniquement les cultures maraîchères, mais aussi les fourrages et les espèces forestières qui ont un intérêt économique", a-t-il ajouté citant l'exemple du pistachier Atlantica du Hoggar sur lequel on peut greffer un vrai pistachier Avera (de consommation).
"Les chercheurs peuvent contribuer énormément au développement de ces espèces et à leur préservation", affirme M. Khemici.
En matière de préservation ex situ des espèces menacées, un programme été lancé par le secteur pour le développement des semences et plants de qualité avec l'identification, la caractérisation et la délimitation des Peuplements porte-graines (PPG) pour les espèces résineuses et feuillues.
Ces PPG sont sélectionnés pour la production de graines de bonne qualité génétique et en quantités suffisantes. Une législation forestière destinée à réglementer la collecte de semences et la production de plants par les pépiniéristes est d'ailleurs, en voie de finalisation.
Selon les chiffres de l'INRF, 411 peuplements porte-graines ont été recensés représentant 61 espèces, bien qu'il reste d'autres espèces non encore localisées à présent.
Un autre rapport sur les ressources génétiques forestières
La FAO a été mandatée par ses pays membres de préparer un rapport sur les ressources génétiques forestières.
"Chaque pays doit élaborer son rapport national qui sera mis à la disposition des décideurs pour tracer ou revoir leurs stratégies nationales de préservation des ressources génétiques forestières", a expliqué à l'APS le représentant de la FAO à Alger, M. Nabil Assaf.