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malivenjasAu moins trois personnes ont trouvé la mort après avoir été atteintes par des balles perdues lors du coup de force mené par des militaires mutins qui ont pris le pouvoir hier, jeudi, au Mali, a indiqué Amnesty International.

Une source militaire malienne avait affirmé auparavant qu'un militaire avait été tué et un autre blessé, mercredi, alors que la Croix-Rouge malienne avait fait état d'une quarantaine de blessés, dont des civils, en majorité atteints par des tirs entre mercredi et jeudi.

Synthèse : Yasmine Ferchouche

  « Trois personnes ont été tuées par des balles perdues tirées par des soldats » à Bamako, leurs corps ont été transportés dans un hôpital de la capitale malienne où « 28 personnes blessées lors du coup d'Etat étaient également traitées », selon un communiqué d'Amnesty international cité par l'agence française AFP.

Selon l'ONG, les militaires qui ont annoncé jeudi avoir pris le pouvoir, retiennent au moins trois membres du gouvernement. Il s'agit du premier-ministre, Mme Mariam Kaidama Sidibé, du ministre des Affaires étrangères, Soumeylou Boubèye Maïga, et du ministre de l'Administration du territoire Kafougouna Koné, selon la même source, qui précise qu'ils seraient détenus « au camp militaire de Kati », ville-garnison à 15 km au nord-ouest de la capitale Bamako d'où est partie la mutinerie.

D'autres responsables et hommes politiques seraient aussi retenus, probablement au camp de la police nationale, dont l'ex-premier-ministre Modibo Sidibé.

« Nous appelons les soldats putschistes à libérer immédiatement les dirigeants politiques, empêcher toute violation des droits de l'Homme et rétablir l'Etat de droit », a déclaré Gaëtan Mootoo, un responsable d'Amnesty pour l'Afrique de l'Ouest. L'ONG estime que ce coup d'Etat « annonce une période d'incertitude pour les droits humains » au Mali.

Un putsch interrompant un processus électoral avec une présidentielle pour le 29 avril prochain

Ce putsch est venu interrompre un processus démocratique et électoral qui prévoyait une élection présidentielle le 29 avril prochain couplée d'un référendum constitutionnel avant des législatives en juillet 2012.

Le président renversé n’est visiblement plus au Palais présidentiel et serait « dans un lieu sûr ». Des coups de feu ont été entendus ce matin à l’aube et la Radio nationale a été prise par les militaires. Aussi, un nouveau gouvernement est annoncé selon les témoignages de presse sur place.

Dao Boukari, rédacteur en chef du quotidien Le Républicain au micro de la Radio Chaine III

Selon le même journaliste, ce coup d’Etat serait intimement lié à la situation au nord du pays.

Dao Boukari

L'Union africanie tient une réunion d’urgence à Addis Abeba au niveau des ambassadeurs de son Conseil de paix et de sécurité, consacré à ce coup d’Etat qu’elle a déjà fermement condamné. Un coup d’Etat qui a suscité une vague de condamnation à l’étranger.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a appelé au rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel et du gouvernement démocratiquement élu.

Bruxelles suspend son aide au développement au Mali

La Commission européenne a annoncé, ce vendredi, la suspension des opérations de développement, mais pas l'aide humanitaire au Mali suite à la prise du pouvoir par des militaires dans ce pays, rapporte le bureau de l’APS à Bruxelles.

« A la suite du coup d'Etat, j'ai décidé de suspendre temporairement les opérations de développement de la Commission européenne dans le pays jusqu'à ce que la situation se clarifie. Cette décision ne concerne pas l'aide humanitaire », a indiqué le commissaire européen au Développement, Andris Piebalgs.

« Le Mali a réalisé d'importants progrès de développement dans les années récentes qui ne peuvent être maintenus que dans un environnement stable et démocratique », a-t-il toutefois précisé.

Bruxelles avait décidé d'allouer 583 millions d'euros d'assistance au développement pour le Mali, sur la période 2008-2013. Cette aide comprend des programmes de lutte contre la pauvreté, d'amélioration de l'accès à l'eau potable, ainsi que de soutien au renforcement de la sécurité.

Le commissaire de développement a exhorté toute les parties à protéger la population civile et à assurer le respect de la vie humaine au Mali, dans le contexte de la détérioration de la situation sécuritaire dans le nord du Mali et de la crise alimentaire.