Fleurs jetées à la mer qui avait englouti le Titanic, fusées de détresse sur le port canadien d'Halifax où reposent de nombreuses victimes, cérémonie à Belfast, en Ulster, où avait été construit le paquebot géant : 100 ans après le naufrage, le drame est commémoré des deux côtés de l'Atlantique.
Quatre cent quarante passagers du Journey, un bateau de croisière venu de New York ont vécu dans la nuit d’hier, la reconstitution de la catastrophe à l'endroit même où l'épave brisée en deux du paquebot repose par 3800 mètres de fond.
Un siècle plus tard, à la minute près, les haut-parleurs du bateau ont répété le message d'alerte du capitaine annonçant que le Titanic avait heurté un iceberg, selon une transmission de la chaîne publique Canadienne CBC.
Le naufrage et ses quelque 1.500 morts avaient été symboliques à plus d'un titre : arrogance de l'homme moderne punie par la nature, ségrégation entre les millionnaires en première classe et les immigrants et matelots logés près de la cale, sauvetage des femmes et sacrifice des hommes, voire, pour certains, annonce prémonitoire du déclin de l'empire Britannique.
La commémoration a pris l'allure d'un événement international, des côtes Irlandaises et Britanniques à celles de l'Amérique du Nord.
A Belfast, dont les chantiers navals ont été le berceau du Titanic, des milliers de personnes étaient attendues à l'ouverture d'un parc dédiée à la mémoire des victimes. Des hommes politiques et des familles des naufragés devaient assister à l'inauguration d'un monument comprenant cinq plaques de bronze portant les noms des victimes.
Dimanche, la ville d’Hallifax devait rendre un dernier hommage aux victimes, avec une cérémonie religieuse interconfessionnelle réunissant Chrétiens, Juifs et Musulmans au cimetière de Fairview Lawn, où reposent 121 corps de naufragés.