Cherchant coûte que coûte à l’emporter au second tour de la présidentielle, le président sortant, Nicolas Sarkozy, continue d’user sans état d’âme aucun, de toutes les manigances pour tenter de déstabiliser son adversaire, François Hollande.
Dans le cadre de la campagne, il a ainsi affirmé que l'intellectuel Musulman, Tariq Ramadan, soutenait son rival socialiste, Hollande, une information démentie aussitôt démentie par ce dernier.
Hier soir, sur la chaîne TF1, Sarkozy a déclaré à propos de Tariq Ramadan : « Voilà un homme qui appelle à voter pour François Hollande. Je n'ai pas entendu François Hollande dire que cela le gênait ».
Ce matin, il répétait sur une radio périphérique ses accusations, assurant que Tariq Ramadan avait appelé à voter Hollande « ou un parti qui serve l'islam », le 11 mars 2002 à Lyon.
En réalité l'intellectuel Suisse, qui avait participé le 7 avril dernier à la Rencontre annuelle de l'Union des organisations Islamiques de France (UOIF), avait évoqué « la majorité de Français qui n'est pas satisfaite » du bilan du président Sarkozy, mais sans le nommer, pas plus qu'il n'avait nommé M. Hollande.
Nicolas Sarkozy « a cité Tariq Ramadan comme ayant appelé à voter pour moi ce qui est faux. Amalgames, mensonges, comment l'admettre ? », a répliqué le candidat socialiste sur la même radio.
Le candidat socialiste a également démenti l'existence d'un « appel de 700 mosquées » à voter pour lui, dont ont fait état des députés du parti présidentiel UMP, relayés la veille par Nicolas Sarkozy, malgré un démenti formel du Conseil français du culte Musulman (CFCM).
Le score historique de la candidate de l'extrême droite à l'élection présidentielle, Marine Le Pen, au premier tour de la présidentielle, pousse Sarkozy à mettre la barre très à droite dans son positionnement politique dans la perspective du second tour.