Le militant Bahreïni, Abdel Hadi Al-Khawaja, condamné à la perpétuité après la révolte de février/mars 2011, qui attend demain, une décision en cassation, est devenu, par sa longue grève de la faim, le symbole des victimes de la répression dans son pays.
Ce défenseur des droits de l'Homme âgé de 52 ans, refuse de s'alimenter depuis le 8 février, pour réclamer sa libération et celle de ses codétenus, condamnés en juin par un tribunal d'exception pour complot contre la monarchie à Bahreïn.
M. Khawaja, qui avait déjà fait trois grèves de la faim depuis son arrestation en avril 2011, peu après la répression d'un mois de révolte dans la foulée du « Printemps Arabe », se dit décidé à poursuivre son action « jusqu'à la libération ou la mort », selon son entourage.
« Je ne sais pas s'il est vivant, s'il est éveillé, s'il est encore à Bahreïn. Je ne sais rien de lui », dit sa femme, Khadija Moussawi, qui affirme être sans nouvelles de son mari depuis le 23 avril, deux jours après qu'il a, selon elle, décidé de ne plus boire d'eau.
La détermination de M. Khawaja a suscité un élan de solidarité à Bahreïn, où la foule scande son nom et brandit son portrait dans les manifestations qui se sont intensifiées ces derniers mois sous l'impulsion de Chiites, qui majoritaires dans la population locale, réclament des réformes démocratiques dans ce petit royaume du Golfe dirigé par une dynastie Sunnite.
Militant de la première heure, connu pour son intégrité, Abdel Hadi Khawaja a été poussé « dès l'âge de 18 ans » à l'exil à l'étranger, où il s'est engagé dans la défense des droits de l'Homme.
De 2008 à 2011, il a été coordinateur pour le Moyen-Orient et l'Afrique du nord de Front Line Defenders, où il a organisé des campagnes pour les droits de l'Homme, selon le site de cette ONG Irlandaise, où plus de 120 militants des droits de l'Homme dans la région ont signé un appel pour sa libération.
En février/mars 2011, la répression à Bahreïn avait fait 35 morts selon une commission d'enquête indépendante, un bilan passé depuis à 60 morts selon Amnesty International.