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GRECE_copy_copy_copyLa politique d'austérité menée en Grèce depuis deux ans sous la pression de l'Union Européenne et du FMI a été lourdement sanctionnée hier, par les électeurs qui ont pulvérisé les positions des deux partis tenants de la rigueur et envoyé des néo-nazis au parlement.

La Nouvelle Démocratie (droite), l'un des deux partis avec le Pasok socialiste ayant signé avec l'Union Européenne un engagement à poursuivre la politique de rigueur et de réformes, est devenu, comme prévu, le premier parti de Grèce.

Son leader, Antonis Samaras, a proposé la formation « d'un gouvernement de salut national » pour permettre le maintien de la Grèce dans l'euro mais a promis de « changer la politique du mémorandum » d'austérité, dont il s'est pourtant engagé par écrit à poursuivre la mise en œuvre après les élections.

Le Pasok (socialiste), dont l'ancien patron Georges Papandréou avait sollicité un prêt de l'Union Européenne et du Fonds Monétaire International en mai 2010, sort du scrutin laminé, avec un score compris entre 14 et 17% contre 43,9% en 2009, puni pour avoir accepté les conditions d'austérité drastique attachées à l'aide.

Au total, les deux partis qui constituaient les piliers du bipartisme Grec depuis la chute de la dictature des colonels en 1974, ne parviennent même pas à recueillir les 37% nécessaires pour obtenir une majorité de sièges au parlement (151), ce qui augure mal de la poursuite de la politique actuelle.

Le leader du Pasok, Evangélos Vénizélos, qui a négocié au cours des mois passés l'accord d'effacement de dette et le deuxième plan d'aide internationale au pays, a reconnu hier soir que la formation d'un gouvernement d'union nationale pro-Européen, qu'il a appelé de ses vœux pour sortir le pays de l'impasse, serait « difficile ».

Grand gagnant du scrutin, le petit parti d'extrême gauche radicale, Syriza, dirigé par Alexis Tspiras, devient le deuxième parti de Grèce, avec un score compris entre 15,5% et 17,5, au lieu de 4,6% en 2009.

Ce parti demande la suspension du service de la dette, l'effacement d'une partie de la dette publique, l'ajout d'une clause pro-croissance dans le mémorandum. Officiellement, il ne demande pas la sortie de la Grèce de l'euro, mais le Pasok durant la campagne l'a souvent accusé d'être le parti de la sortie de l'euro.

En termes de sièges, la Nouvelle Démocratie conservatrice remporterait 108 sièges, et le Pasok 38, face à deux blocs hétéroclites de gauche et de droite rejetant l'austérité, dominés par le parti de gauche radicale Syriza qui obtiendrait 47 sièges.