Il se dit de l’autre coté de la Méditerranée, que le nouveau Chef de l’Etat Français, François Hollande, va consacrer l’une de ses premières visites à l’étranger, à l’Algérie, avec comme perspective de relancer et de redynamiser des relations bilatérales, sérieusement mises à mal par son prédécesseur.
L’on se rappelle qu’avant sa victoire aux primaires socialistes, qui ont entériné sa candidature à la présidentielle, M. Hollande a effectué une visite en Algérie, lors de laquelle il a été reçu par le président Bouteflika.
Pour faire se renouer des relations, sur lesquelles n’a cessé le planer le passé colonial de la France en Algérie, dont les divers locataires de l’Elysée ont persisté à ignorer les traumatismes causés aux Algériens, M. Hollande aura fort à faire pour convaincre de son désir de voir se tisser des relations amicales et sereines entre Alger et Paris.
Lors d’une récente visite effectuée à Alger, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, avait tenu à fustiger la loi glorifiant la colonisation, adoptée en février 2005 par l’Assemblée nationale Française, une position appréciée à Alger « annonciatrice de relations plus apaisées entre les deux capitales ».
Il faut dire que le fait que les politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite, aient persisté, des années durant, à voir l’Algérie que comme une sorte de « chasse gardée », un marché avantageux pour leur économie et non pas comme un partenaire égal, n’a pas contribué à aider à décrisper les relations entre Alger et Paris.
Le dossier des contentieux Algéro-Français, ils sont nombreux pour être tous cités ici, est particulièrement épais : En effet, nonobstant le refus réitéré à diverses reprises des autorités Françaises de reconnaître les crimes causés par la colonisation, figure la frilosité, sinon l’hostilité manifestée par Paris pour ce qui concerne les investissements économiques en Algérie.
D’un autre coté il y a la relance des négociations sur la révision, voulue par Paris, de l’accord de 1968 relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour des ressortissants Algériens et de leurs familles.
Il subsiste toujours par ailleurs, le règlement du problème relatif aux conséquences humaines des explosions et essais nucléaires effectués par la France dans le Sahara Algérien dont continuent de souffrir des habitants résidant à proximité des zones où ces essais ont été entrepris.
L’Algérie continue à ce jour de réclamer à la partie Française, que lui soient restitués les quelques 200.000 boites s d’archives contenant des documents des périodes postcoloniale et coloniale transférées entre 1961 et 1962 vers l’Hexagone.
Il existe en outre cette éternelle question de délivrance de visa aux nationaux que les chancelleries Françaises en Algérie continuent de délivrer avec parcimonie sous le fallacieux prétexte que parmi les demandeurs figureraient ceux qui tentent d’immigrer illégalement.
Comme on le voit, la nouvelle administration qui, dans quelques jours, va commencer à présider aux destinées de la France, va avoir fort à faire pour relancer un processus de coopération qui soit profitable aux deux Etats.
Celle-ci, ne devra pas manquer de se rappeler que parmi les Français « d’origine Algérienne » qui n’ont cessé d’être pointés du doigt après l’indépendance de l’Algérie, il en existe un très grand nombre dont les ascendants ont consenti le sacrifice suprême sur les champs de bataille de la Marne ou de Monte Cassino, pour l’honneur de la France.