Le futur train à grande vitesse dont les travaux ont été inauguré en septembre 2011, ne semble pas faire l’unanimité au Maroc, tant les enjeux sont importants.
Dans un pays de 33 millions d’habitants, où la majorité de la population reste pauvre et les inégalités sociales élevées, le coût « astronomique » du chantier, (25 milliards de dirhams), la pilule est dure à avaler pour les membres du collectif « Stop TGV », qui considèrent qu’il s’agit là d’un projet « non prioritaire » pour un pays pauvre comme le Maroc.
Un débat public était prévu il y a quelques semaines entre les responsables de l’Office national de chemins de fer et le collectif, mais il a tourné courts lorsque ce dernier a fait distribuer des tracts portant les mots « Torpillage », « Gaspillage » « Vol » pour TGV. « L'insulte n'est pas la meilleure façon de discuter », a fait valoir l'ONCF mais l’esprit des opposants est loin d'être calmé.
« C'est un projet qui n'est pas prioritaire pour le Maroc. 25 milliards, c'est l'équivalent de 25.000 écoles dans le monde rural, 16.000 bibliothèques, 10.000 médiathèques et 25 centres universitaires hospitaliers », note Omar Balafrej, un des principaux membres du collectif « stop TGV ».
« Il faut comparer ce qui est comparable », rétorque-t-on à l'ONCF, qui fait valoir que la ligne reliant Tanger et Casablanca est arrivée à saturation et qu’elle mise sur une clientèle de six millions de passagers à l'horizon 2016 contre 3,5 millions actuellement.
« Nous avions le choix entre deux options : soit rectifier et doubler la ligne existante, soit faire une nouvelle ligne à grande vitesse », explique Mohamed Rabie Khlié, directeur général des chemins de fer Marocains.
« Le coût, la différence entre les deux options, c'est 30% ; et les retombées socio-économiques d'une ligne grande vitesse sont bien meilleures que pour une ligne classique », précise-t-il.
C'est le français Alstom qui a obtenu, de gré à gré, le marché de construction des 14 rames du TGV. L'ensemble du projet est financé, sous forme de prêts, à hauteur de 60% par la France et des pays du Golfe. Les détracteurs du chantier critiquent son absence de transparence et la « préférence Française » sans adjudication.
A l'horizon 2035, le Maroc comptera au total 1.500 km de lignes, qui s'ajouteront à un réseau autoroutier de 1.800 km en 2015 (contre 1.400 actuellement.