Le Conseil des ministres, réuni hier lundi 24 mai 2010 sous la présidence de Abdelaziz Bouteflika, a adopté le programme d'investissement public pour la période 2010-2014. Une enveloppe de 286 milliards de dollars (21 214 milliards DA) est engagée pour le financement du prochain quinquennat présidentiel. Un programme ambitieux qui s'inscrit dans la continuité des deux programmes d'investissement public lancés respectivement en 1999 et en 2005. Le Chef de l'Etat a insisté sur la rigueur dans la gestion de cette importante dépense publique.
Le développement humain (40% de la dépense), l'amélioration des infrastructures de base (40%) et le soutien à l'économie et à la création d'emplois (20%) sont les principales orientations de la dépense publique pour la période 2010-2014.
Priorité au développement humain
Plus de 40% de la dépense publique, ainsi dégagée, sera, donc, consacrée au développement humain. Les secteurs de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la formation professionnelle seront dotés de nouvelles infrastructures. Tout comme le secteur de la santé avec la programmation de plus de 1500 nouvelles infrastructures.
Pour ce qui est du secteur de l'habitat, il est prévu la construction de 2 millions de logements, dont 1,2 million seront livrés durant le quinquennat. Le reste devant déjà être mis en chantier avant la fin de l'année 2014.
Le programme prévoit également le raccordement d'un million de foyers au réseau du gaz naturel et l'alimentation de 220.000 foyers ruraux en électricité, ainsi que l'amélioration de l'alimentation en eau potable.
Le prochain programme profitera également aux secteurs de la jeunesse, des moudjahidine, des affaires religieuses, de la culture et de la communication.
Deuxième grand volet du programme quinquennal, la poursuite du développement des infrastructures de base et l'amélioration du secteur public, avec près de 40% du budget global dégagés.
Le développement touchera les travaux publics, avec plus de 3.100 milliards DA, pour poursuivre l'extension et la modernisation du réseau routier, et l'augmentation des capacités portuaires. Le secteur des transports, quant à lui, se voit attribué une enveloppe financière de plus de 2.800 milliards DA. Un investissement qui servira à la modernisation et à l'extension du réseau de chemin de fer, à l'amélioration du transport urbain (avec notamment la réalisation de tramways à travers 14 villes), et la modernisation des infrastructures aéroportuaires. L'aménagement du territoire et l'environnement, ont eu également leur part du budget d'investissement. Près de 500 milliards DA ont été alloués pour ce secteur.
L'objectif de création d'emplois
Troisième et dernier grand volet, le développement de l'économie nationale et la création d'emplois. Un objectif pour lequel l'Etat a consacré, dans son programme d'investissement, plus de 1.500 milliards DA. Cette dotation financière sera destinée au développement agricole et rural et à la promotion de la petite et moyenne entreprise. Une bonne partie de cette dernière enveloppe (350 milliards DA) prendra en charge l'encouragement à la création d'emplois et à l'insertion professionnelle des diplômés universitaires et de la formation professionnelle.
Le développement de l'économie de la connaissance n'est pas en reste. 250 milliards DA sont alloués à la recherche scientifique et à la généralisation de l'enseignement et de l'usage de l'outil informatique
2000 milliards DA de crédits bancaires bonifiés pour l'industrie
Le développement industriel mobilisera, pour sa part, plus de 2000 milliards DA de crédits bancaires bonifiés par l'Etat, pour financer la réalisation de nouvelles centrales électriques, le développement de l'industrie pétrochimique et la modernisation des entreprises publiques.
L'impératif de la rigueur dans la gestion de la dépense
Après l'adoption du programme, le président de la république a déclaré que «ce programme est la concrétisation d'un engagement pris devant la Nation en février de l'année dernière, pour maintenir la dynamique de reconstruction nationale entamée depuis dix années». Revenant sur les moyens de concrétisation de ce programme, le chef de l'Etat a insisté sur la «la rigueur nécessaire pour bannir tout excès et surtout tout gaspillage dans le fonctionnement de l'Etat et des collectivités locales».