Un rebond de la production nationale de lait est attendu dès l'année 2011, la filière devant bénéficier particulièrement des avantages et facilités financières décidées par l'Etat, ainsi que les accords de partenariat avec des groupes laitiers étrangers.
Pour le ministère de l'agriculture, il s'agit de porter la production laitière nationale au delà des 1,3 milliard de litres produites actuellement, et de mettre en place les mécanismes financiers et matériels pour professionnaliser la filière.
"Il s'agira de porter la couverture des besoins par la production nationale à au moins 75% au lieu de 50% actuellement", précisent des sources proches du ministère.
''Cet objectif, ajoute-t-on, justifie les efforts que l'Etat aura à consentir en faveur des éleveurs aussi bien de bovins, camelins, qu'ovins".
L'intervention de l'Etat dans ce domaine se traduit en primes à la production et en différents soutiens accordés à l'alimentation, à la génétique, à la santé animale, aux bâtiments d'élevage et aux équipements, à l'organisation et la formation tout en tenant compte des spécificités locales (lait de chamelle ou de chèvre...).
Le soutien de l'Etat concerne la mise en place des laiteries, de centres de collecte et l'octroi de primes à la collecte et l'intégration industrielle, selon la même source.
Ainsi, "toute laiterie qui intègre du lait cru, à raison de plus de 50% de ses capacités de production verra sa prime d'intégration passer à 5 DA/litre intégré dans tout type de lait de consommation", indique le ministère.
En outre, les laiteries qui utilisent totalement leurs capacités pour la production de LPC avec du lait cru, verront leur prime d'intégration passer de 5 à 7,5 DA/litre.
Et, pour donner davantage de mordant à la filière, un accord de partenariat a été signé lundi à Alger, dans la foulée de la seconde visite de l'envoyé spécial français J.P.Raffarin, entre l'institut national des techniques d'élevage (ITE) avec le groupe français ''Bretagne international''.
Cet accord de coopération, doté d'un financement de 2,2 millions d'euros, devrait développer, sinon professionnaliser la filière laitière en Algérie, estime-t-on de sources proches des signataires de l'accord.
Etalé sur trois ans, il ambitionne de développer tout le processus de la production de lait à travers la formation de l'ensemble des intervenants, notamment les éleveurs.
En 2009, près de 5 milliards de litres en équivalent lait ont été mises sur le marché national, à raison de quatre milliards de litres en lait de consommation et un milliard de litres en produits laitiers, selon le ministère.
Sur ces cinq milliards de litres de lait, 2,5 milliards de litres provenaient de la production nationale de lait cru.
Les autres 2,5 milliards de litres de lait proviennent de l'importation: 1,2 milliard de litres sous forme de poudre de lait de transformation importées par l'ONIL, et 1,3 milliard de litres d'importations de lait de consommation, de transformation et de produits laitiers importés par le secteur privé, précise-t-on.