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kawter_adimiRegard pétillant et sourire spontané, Kaouther Adimi est une jeune auteure à qui le succès sourit de toutes ses dents. Du haut de ses 24 printemps, elle peut se taguer d’avoir remporté de multiple distinctions littéraires nationales et internationales et voir son premier roman « Des ballerines de papicha », publié aux éditions Barzakh aller à la rencontre du public français.

Réédité en France à partir de mai prochain, le roman prendra le titre « L’envers des autres » et sera édité chez Actes Sud qui en a acheté les droits. Rencontre avec l’une des jeunes auteurs les plus prometteuses de sa génération.

Par N. B.

 

Très jeune, Kaouther fait preuve d’un grand appétit pour la littérature. Dès son plus jeune âge, elle fait d’Honoré de Balzac et d’Alexandre Dumas ses plus fidèles compagnons et très vite, elle se met elle-même à l’écriture.

En 2006, lorsqu’elle tombe sur une affiche qui annonce un concours international d’écriture, elle décide de participer avec « Le chuchotement des anges ». Le récit d’un journaliste qui fait face à sa mort imminente pendant la décennie noire lui fera remporter  le prix du Jeune Ecrivain Francophone.  Deux ans plus tard, elle réitère avec sa nouvelle « Pied de vierge ».  Des prix décisif dans la vie de la jeune auteure, puisque synonyme de publication, d’atelier d’écriture et donc, de rencontres avec des écrivains reconnus, de conseils et de soutien. « Ça m’a beaucoup donné confiance en moi et permis d’écrire mon premier roman», précise Mlle.  Adimi.

En 2008, elle reçoit son premier prix algérien au Festival culturel international de la littérature et du livre jeunesse.  Dès lors, les éditeurs de la maison d’édition Barzakh tombent sous du style de l’écrivaine en herbe et décident de publier son premier roman qui s’intitulera « Des ballerines de papicha »

Adel, jeune homme sensible et complexé, sa sœur Yasmine libérée et sans illusion et leurs parents murés dans une espèce de folie galopante, ou alors Mouna, LA papicha qui dévale les rues d’Alger, ballerines en avant. À travers 150 pages, l’auteure dépeint plusieurs portraits. Membres de la même famille, voisins, professeurs, ils se croisent, s’observent, s’ignorent mais au final, une seule chose les unit véritablement : Alger.  Mais la ville blanche, telle qu’elle est dépeinte dans le roman se pare de gris et renferme les souffles saccadés et le quotidien maussade des personnages qui se succèdent dans la narration. L’âme humaine et la ville d’Alger, dans toute leur  splendeur et leur décadence se disputent la vedette du roman.

En effet, les états d’âme et visions des personnages priment sur la trame du livre. Le lecteur est à chaque fois littéralement immergé dans l’univers du personnage jusqu’à pénétrer les méandres de ses pensées les plus intimes. Un exercice périlleux, surtout lorsqu’il s’agit de faire exister des personnages et de toutes générations confondues, que tout oppose.  La place belle est donc accordée à la psychologie et la sociologie. Un choix qui s’explique par le grand intérêt de l’auteure pour ces sciences qu’elle étudie désormais dans le cadre d’un master en ressources humaines après avoir  mené à bout un master en lettes modernes à Paris.

Quant à Alger, elle tient depuis toujours une grande place au cœur de la demoiselle. A 8 ans, de retour en Algérie après quelques années en France, Kaouther Adimi découvre une ville lumineuse et meurtrie, joyeuse et endeuillée par le sang de ses enfants  dans lequel elle baignait désormais. Après l’insouciance et la quiétude, la petite kaouther découvre les coups de feu retentissants au loin, la méfiance et l’angoisse. Mais aujourd’hui, elle retient de ces retrouvailles le plaisir et la curiosité de la découverte.  C’était un « coup de cœur, déclare-t-elle, bien qu’il ait fallu faire face à de nouvelles habitudes et manière de vivre ».

Kaouther cosigne, aux cotés de grands auteurs algériens, tel que Chawki Amari ou Kamel Daoud un recueil de nouvelles et de photographies consacré à la ville blanche : « Alger, quand la ville dort », paru cette année à l’occasion des dix ans de la maison d’édition Barzakh.

Désœuvrement, lassitude, mal-vie et frustration, la société que décrit Kaouther Adimi est bien morose.  « Alger peut être une fête, elle peut être joyeuse mais elle reste cette ville qui se relève de 12 ans de terrorisme, déclare-t-elle, on est entourés de policiers et de caméras de surveillance et à la tombée de la nuit, les gens se pressent chez eux. »

Celle qui a partagé sa vie entre Grenoble, Paris, Oran et Alger éprouve un attachement particulier envers cette dernière « C’est la ville repaire, la ville ou je reviendrai toujours. C’est chez moi. », conclu-t-elle.

Le roman se termine par un suicide qui sonne comme un présage, alors que plusieurs cas d’immolations ont défrayé la chronique dans le monde arabe, « dans le roman, c’était un acte créatif, mais je trouve que ce qui se passe en ce moment est épouvantable. Je pense qu’il faut le prendre comme un ultime message, une sorte de bouteille à la mer de manière beaucoup plus violente », commente la jeune auteure de talent.

 

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