Dimanche, 30 Janvier 2011 11:00
Le spectre d'une nouvelle crise alimentaire a été pris très au sérieux lors des débats du Forum de Davos qui ont estimé que cette menace risquait de s’amplifier, en raison de l'expansion de la population mondiale.
Cette probabilité a été soulignée par le président indonésien, Susilo Bambang, alors que les prix des denrées alimentaires ont atteint des niveaux comparables à ceux de 2008, à l’origine des « émeutes de la faim » dans certains pays à travers le monde.
« La prochaine guerre pourrait avoir lieu autour de la rareté des ressources si nous ne gérons pas le problème ensemble », a-t-il averti, en soulignant le danger d'explosion sociale.
Des participants au Sommet ont considéré que la menace de crise alimentaire est d’autant plus réelle que les prix des produits alimentaires ne cessent de progresser, sous l'effet conjugué d'une forte augmentation de la demande des pays émergents, des problèmes climatiques et de la spéculation.
Pour beaucoup parmi eux, les manifestations de 2008 semblent désormais n'avoir été que le premier avertissement d'un problème qui devrait se faire de plus en plus pressant avec l'explosion attendue de la population mondiale.
Selon un rapport d'expert de mi-janvier, la combinaison de l'impact de la montée des températures sur la production agricole et de la croissance de la population mondiale, qui devrait atteindre 7,8 milliards d'individus en 2020, pourrait entraîner des pénuries pour trois des quatre principales cultures du globe.
Pour la ministre française de l’Economie, Christine Lagarde, qui a estimé que le monde ne pouvait se permettre de nouvelles crises alimentaires, « nous ne savons pas qui va régler le problème, mais nous savons qu'il faut le faire »,
Les Etats-Unis et la Banque mondiale pensent qu’il serait intelligent de soutenir l'agriculture pour se prémunir d'une augmentation plus importante des prix.
Des pays comme la Tanzanie ont beaucoup avancé sur la question en lançant un programme public-privé novateur de 3,5 milliards de dollars destiné à créer une bande verte fertile dans le pays qui devrait permettre de sortir 2 millions de personnes de la pauvreté et d'assurer la sécurité alimentaire du pays. Un projet qui pourrait faire des émules.