Les Sénégalais votent aujourd’hui, pour renouveler les 150 députés de leur Assemblée nationale, des élections à un tour organisées trois mois après une présidentielle remportée par Macky Sall face à Abdoulaye Wade.
A Dakar, des files d'attente étaient visibles devant les bureaux de vote, mais plus clairsemées que lors du second tour de la présidentielle, le 25 mars.
« Je constate qu'il y a beaucoup moins de monde que lors de la présidentielle, c'est parce que les gens ne comprennent pas l'enjeu du scrutin. Or, pour aider Macky Sall à gouverner sans problème, il faut lui donner une majorité », affirme Cheikh Thiaw, partisan de l'actuel président.
L'Assemblée nationale sortante est dominée par les partisans de l'ex-président Abdoulaye Wade, renvoyé dans l'opposition après douze ans de pouvoir. L'actuel chef de l'Etat Macky Sall cherche à avoir une forte majorité parlementaire.
« Les gens devraient sortir pour voter, sinon ils n'auraient aucune raison de contester le pouvoir. Pour le moment, il y a peu de monde, c'est peut-être parce qu'il y a trop de partis et de coalitions » en lice, estime Mor Talla Ba, un jeune opérateur économique.
Au total, 24 listes de partis et coalitions sont en lice. Plus de 7.000 candidats briguent les suffrages de plus de 5,3 millions d'électeurs, dont près de 206.000 à l'étranger.
Un des enjeux de ces législatives sera le taux de participation déjà faible à la présidentielle de mars (55%), qui pourrait être plus bas encore, craignent les observateurs.
La nouvelle Assemblée aura la particularité de comprendre beaucoup plus de femmes - pour 33 actuellement - grâce à une loi adoptée en mai 2010 instaurant la parité absolue dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives.