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SYRIALa situation en Syrie ressemble de plus en plus à une guerre civile avec la multiplication des violences interconfessionnelles, avertit la Commission d'enquête internationale mandatée par l'ONU, qui évoque un « conflit armé » dans son dernier rapport publié aujourd’hui.

Le document, couvrant la période allant de février à juin, est établi par la Commission d'enquête internationale indépendante qui, depuis août dernier, agit sur mandat du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Dans leur rapport, les experts dénoncent une « nouvelle escalade de la violence depuis mai 2012. « La situation des droits de l'homme en Syrie s'est détériorée rapidement. De flagrantes violations des droits de l'homme ont lieu dans un contexte de combats de plus en plus militarisés », indiquent-ils.

« Dans certaines régions, les combats ont les caractéristiques d'un conflit armé non international » malgré l'augmentation des défections de militaires ainsi que l'apparition d'une « certaine fatigue » au sein des forces régulières Syriennes, poursuivent-ils. Le « conflit armé non international » est la terminologie utilisée par l'ONU pour définir une situation proche de la guerre civile.

Le rapport dénonce aussi l'augmentation de la violence, en dépit de la présence des observateurs de l'ONU. « Des hélicoptères de combat et l'artillerie ont été utilisés dans le bombardement de quartiers entiers considéré comme antigouvernementaux ». Il fait rappelle le massacre de Houla, où au moins 108 personnes ont péri le 25 mai.

Selon les interrogatoires menés par les experts, trois parties auraient participé aux violences qui ont eu lieu durant plus de 24 heures dans la localité de Taldou, à près de 6 km au sud de Houla : les chahibas ou d'autres milices pro-régime ayant l'approbation du gouvernement, des forces anti-gouvernementales voulant accroître l'escalade de la violence ou des groupes étrangers. La Commission estime que « les forces loyales au gouvernement pourraient avoir été responsables d'un grand nombre des morts ».

Selon le rapport de la Commission d'enquête, les actes de torture, notamment sur des enfants, se poursuivent. Ces derniers sont également trop souvent victimes des tirs de francs-tireurs, selon le rapport.

Les enquêteurs dénoncent également des violences sexuelles commises sur des hommes, femmes et enfants par les forces du gouvernement ainsi que par les chahibas.

Ils déplorent également une augmentation de la « violence interconfessionnelle. « Alors qu'auparavant les victimes étaient ciblées selon qu'elles étaient pro-ou anti-gouvernementales, elles semblent de plus en plus avoir été prises pour cible en raison de leur appartenance religieuse », expliquent-ils.