Ebola : la présidente du Liberia décrète l'état d'urgence

La présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, a décrété l'état d'urgence, estimant, hier, dans une allocution que l'épidémie de virus Ebola « exigeait des mesures extraordinaires pour la survie de l'Etat ».

Rappelant les mesures prises depuis deux semaines dans le pays pour enrayer la contagion, dont la mise en congé forcé pour 30 jours des fonctionnaires non essentiels, la fermeture des écoles et la désinfection des lieux publics, Mme Sirleaf a déploré que « la menace continue à grandir ».

« L'ignorance, la pauvreté, ainsi que des pratiques culturelles et religieuses bien ancrées continuent à exacerber la propagation de la maladie, en particulier en province », a-t-elle souligné, en référence notamment aux contacts avec les cadavres lors des rites funéraires.

« L'ampleur et l'échelle de l'épidémie, la virulence et la mortalité du virus dépassent maintenant les capacités et les prérogatives de quelque agence gouvernementale ou ministère que ce soit », a poursuivi la présidente Libérienne.

 « Le virus Ebola, les ramifications et les conséquences de la maladie, constituent à présent un trouble affectant l'existence, la sécurité et le bien-être de la République, représentant un danger clair et immédiat », a affirmé Mme Sirleaf avant de décréter l'état d'urgence pour 90 jours, qui sera soumis au Parlement.

L'épidémie d'Ebola, la plus grave de l'histoire de cette fièvre hémorragique depuis son apparition en 1976, a fait 932 morts sur 1.711 cas confirmés, suspects ou probables : 363 en Guinée, 282 au Liberia, 286 en Sierra Leone et un au Nigeria, selon le dernier bilan au 4 août de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). 

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