Migration, terrorisme et Brexit : les Européens veulent des solutions "mutuellement satisfaisantes"

Les dirigeants européens ont clôturé, vendredi à Bruxelles, leur ultime sommet de 2015, réaffirmant leur détermination à poursuivre leur "lutte sans concession contre le terrorisme" et à trouver des solutions "mutuellement satisfaisantes" à la question de l’appartenance du Royaume Uni à l’Union européenne (UE).

Réunis une dernière fois à Bruxelles, les dirigeants des 28 Etats membres de l’UE ont souligné l’urgence de "renforcer l'échange d'informations pertinentes", mettant l’accent sur la nécessité de donner suite à l'engagement pris en février dernier par les chefs d'Etat ou de gouvernement de renforcer la coopération entre les services de sécurité des Etats membres de l’Union.

Ils ont estimé, dans ce contexte, que l'accord intervenu sur la proposition de directive relative à l'utilisation des données des dossiers passagers (PNR) pour la prévention et la détection des infractions terroristes et des formes graves de criminalité, "ouvre la voie à l'adoption et à la mise en oeuvre rapides de la directive, ce qui marquera une étape décisive dans la lutte contre le terrorisme".

Les dirigeants européens ont jugé "essentiel" que les Etats membres mettent en oeuvre des contrôles "systématiques et coordonnés" aux frontières extérieures, y compris à l'égard des citoyens des pays de l’Union.

"L'UE renforcera d'urgence la coopération qu'elle mène en matière de lutte contre le terrorisme avec les partenaires d'Afrique du Nord, le Proche-Orient, la Turquie et les Balkans occidentaux", ont-ils encore décidé.

Les 28 ont mis l’accent sur l’importance de reprendre le contrôle des frontières extérieures pour protéger l'intégrité de l'espace Schengen et d’accélérer la mise en £uvre des mesures prises pour endiguer l’afflux des migrants en remédiant aux insuffisances constatées.

Cependant, les dirigeants européens ont décidé de reporter la décision sur la création d’un "corps européen de garde-frontières et de garde-côtes" à la présidence néerlandaise. 

 

Par ailleurs, même si les dirigeants européens ont exprimé leur disposition à faire des "concessions" à Londres pour maintenir le Royaume-Uni dans l’Union, il n’en demeure pas moins que les 28 œuvrent pour des solutions "mutuellement satisfaisantes".  

A la suite la suite du débat de fond constructif qui s'est tenu ce jour, "les membres du Conseil européen sont convenus de collaborer étroitement afin de trouver des solutions mutuellement satisfaisantes dans chacun des quatre domaines lors de la réunion que le Conseil européen tiendra les 18 et 19 février 2016, ont-ils affirmé dans la déclaration finale publiée à la fin du sommet.

"Nous avons clairement indiqué que nous étions prêts au compromis, mais toujours sur la base de la préservation des principes européens de base, qui incluent la non-discrimination et la liberté de mouvement", a souligné la chancelière allemande, Angela Merkel.

Dans une lettre adressée le 10 novembre dernier au président du Conseil européen, le Premier ministre britannique, David Cameron, a formulé ses exigences envers l'UE pour mener campagne en faveur du maintien de son pays dans l'Union, lors du référendum qu'il a promis d'organiser d'ici à la fin de 2017.

Pour ralentir le flux migratoire, David Cameron exige la suppression de l'accès aux prestations sociales des européens s'installant au Royaume-Uni pendant les quatre premières années de leur séjour.

Le Premier ministre britannique veut aussi interdire à ces travailleurs européens de transférer à l'étranger leurs allocations familiales.

Il a également fait savoir son intention d'abroger la loi britannique qui oblige les tribunaux à appliquer les arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg.

Des exigences qui continuent de poser particulièrement problème, même si David Cameron s’est dit optimiste quant à la conclusion d’un accord lors du prochain sommet des 28 prévu en février.

"La bonne nouvelle c'est qu'il y a une issue vers un accord", a-t-il déclaré jeudi soir après trois heures de négociation avec les dirigeants européens.

Mais, le président français François Hollande qui affiché sa disposition à accepter des "adaptations" et des "aménagements" a insisté sur "le respect des principes, des règles et des acquis européens". 

Dans une déclaration commune diffusée jeudi, les pays du groupe de Visegrad - Pologne, Hongrie, Slovaquie et République tchèque - affirment qu'ils rejetteront toute demande britannique considérée comme "discriminatoire" à leur égard ou limitant sa "liberté de mouvement".

APS

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