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L’hommage d’Ourida Sider à Mohamed Benhanifi

lun, 25/10/2021 - 10:21
Paru début juillet denier à l’occasion du Salon du livre amazigh qui s’est tenu  à  Ouacif, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, Isefra n Benhanafi,  est un ouvrage de 164 pages qui regroupe les poèmes de Mohamed Benhanifi collectés par Ourida Sider, réalisatrice à la radio nationale d’expression amazighe, Chaîne 2. Dans ce livre préfacé par Youssef Nacib, docteur en lettres et en sciences humaines, Ourida Sider a réussi à glaner plus de 120 poèmes de Mohamed Benhanifi et quelques expressions qu’il utilisait souvent, notamment dans ses émissions de la Chaîne 2 de la Radio Algérienne. A noter que les poèmes de Benhanafi ont été chantés par de célèbres chanteurs d’expression kabyles, à l’image du regretté  Iddir, Chavha,  Dhrifa,  Medjahed Hamid et d’autres. Ourida Sider dit dans sa présentation de son livre que «quand un homme de culture comme Benhanafi décède, c'est une bibliothèque qui brûle».   Ourida Sider a également réalisé un long documentaire sur la vie de Mohamed Benhanafi, décédé le 4 mars 2012 à l’âge de 85 ans.    

25 ans après sa mort, les œuvres de Benhedouga reflètent encore les préoccupations de gens simples

dim, 24/10/2021 - 16:51
Dans sa septième édition, le Prix Katara a choisi le prolifique romancier algérien d'expression arabe, Abdelhamid Banhedouga, auteur du célèbre roman "Rih El Djanoub" (Vent du Sud),  comme personnalité de l'année. A cet effet, le ministère de la Culture et des arts a organisé du 9 au 11 janvier dernier à la Bibliothèque nationale d'El Hamma (Alger) une conférence nationale sur les œuvres du romancier Abdelhamid Benhedouga sous le thème "Le roman algérien...de la création à la consécration" pour célébrer cet auteur dont les œuvres ont marqué le récit algérien et dont les ouvrages sont considérés comme précurseurs dans l'écriture en langue arabe. Laissant derrière lui des œuvres littéraires riches et diversifiées, il avait entamé son parcours, en 1951, par des écrits dans les titres de presse en Tunisie où il avait fait ses études et s'était installé fuyant la persécution coloniale pour son activité politique au sein du parti du Mouvement pour le Triomphe des Libertés démocratiques (MTLD). En 1952, Benhadouga publie son premier texte poétique "Hamel Al Azhar" pour se lancer par la suite dans la création romanesque. La carrière littéraire de Benhadouga a été riche et variée depuis la parution de son premier roman "Le vent du sud" en 1971, adapté au cinéma par feu Salim Riad, suivi d'autres œuvres, dont "La fin d'hier" (1975) ou encore "Djazya et les derviches" (1992). Feu Benhadouga a également écrit des nouvelles et des textes pour le théâtre traduits en plusieurs langues, mais pas que, il cumule aussi une longue expérience dans le domaine de la traduction, traduisant, à titre d'exemple, l'étude de l'avocat français Jacques Vergès intitulée "Défendre les Fedayin" en 1975. En plus d'être versé dans la création littéraire, le regretté a travaillé dans plusieurs domaines culturels et médiatiques après son retour en Algérie en 1962. Il rejoignit la radio et la télévision dans le département de réalisation (1962-1963), puis devint coordonnateur général des services artistiques, directeur de programmes et directeur des radios d’expression arabe et amazighe de 1966 à 1970.  Vers la fin des années 1980, Benhedouga est nommé directeur de l'établissement national du livre, puis secrétaire général adjoint de l'Union des écrivains algériens et président du haut conseil de la culture (1990-1993).  Abdelhamid Benhadouga est né le 9 janvier 1925 dans le village d'El-Hamra à Bordj Bou Arreridj. Il a appris les principes de la langue arabe et des parties du Saint Coran, avant de poursuivre son parcours à l'Institut Kettania de Constantine et rejoindre l'Université Zitouna de Tunis, où il obtient un certificat de réussite. Plus tard, le regretté a étudié à l'Institut des Arts dramatiques où il obtient un diplôme en théâtre arabe. Benhedouga s'est tourné vers l'écriture des nouvelles et des romans car s'étant appropriés à l'expression des enjeux et des pressentiments qui l'habitaient. Il a ainsi écrit sur le vécu algérien dans ses différentes manifestations à partir du milieu rural dans lequel il a grandi et souffert de l'oppression du colonisateur. Dans ses écrits, il a également évoqué les défis auxquels il a été confronté au lendemain de l'indépendance, à travers les questions humanitaires, notamment dans des nouvelles. "Le vent du sud", sa première œuvre romanesque, a valu à Benhedouga le titre de "fondateur du roman algérien".  Dans ses romans, il s'est intéressé aux questions nationales et sociales en axant ses œuvres sur la femme et la terre, soulignant la souffrance de la population, dont les protagonistes étaient des rebelles imprégnés d'idées nouvelles qui rejettent les statu quo et insistent sur la réforme et le changement. Le romancier a utilisé dans ses romans ultérieurs l'héritage et le symbolisme, thèmes de son roman "Djazia et les Derviches", qui se veut une histoire symbolique reflétant les dimensions des transformations sociales vécues par un village de montagne. Les œuvres de Benhedouga ont attiré l'attention des chercheurs et académiciens, à l'instar d'Omar Aylan qui a publié le livre "Idéologie et structure du discours dans les récits d'Abdelhamid Benhedouga" (2001), Abdelhamid Bousmaha (Les coutumes dans les récits d'Abdelhamid Benhedouga 2008) et le livre de Sidi Mohamed Ben Malek "Vision du monde dans les récits d'Abdelhamid Benhedouga". APS

Le Président Tebboune décerne la médaille de l'Ordre de mérite national "Achir" au défunt journaliste Karim Boussalem

sam, 23/10/2021 - 13:55
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a décerné samedi la médaille de l'Ordre de mérite national au rang de "Achir", à titre posthume, au défunt journaliste Karim Boussalem. Cette distinction intervient "en hommage au défunt qui a voué toute sa vie au service du journalisme et à sa promotion avec abnégation, professionnalisme et probité reconnus par tous dans l'accomplissement de ses nobles missions avec objectivité et neutralité, outre ses contributions précieuses pour l'enrichissement du champ médiatique". La médaille a été remise au père du défunt lors d'une cérémonie présidée par le président de la République à l'occasion de la distinction des lauréats du prix du journaliste professionnel dans sa 7eme édition, intitulée "l'information entre liberté et responsabilité". La cérémonie s'est déroulée au Palais du Peuple en présence du président du Conseil de la Nation, Salah Goudjil, du président de l'Assemblée populaire nationale (APN), Brahim Boughali, du Premier ministre, ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane, du président du Conseil constitutionnel, Kamel Fenniche, du Général de Corps d'Armée, Saïd Chanegriha, chef d'état-major de l'Armée nationale populaire (ANP), du ministre de la Communication, Ammar Belhimer, ainsi que de membres du gouvernement, de conseillers du président de la République, de hauts cadres et de journalistes.

Héliopolis de Djaâfar Gacem en compétition pour l'Oscar du meilleur film international

jeu, 21/10/2021 - 13:06
Le film "Héliopolis" du réalisateur Djaâfar Gacem a été retenu pour la seconde fois pour représenter l'Algérie aux Oscars du cinéma dans la catégorie du meilleur long métrage international (film étranger non-anglophone) qu'organise l'Acadamy of Motion Picture Arts and Sciences (AMPAS), a indiqué un communiqué de la Cinémathèque algérienne.   Présidé par le réalisateur Mohamed Lakhdar Hamina, le Comité de sélection algérien au ministère de la Culture et des Arts, composé du réalisateur Belkacem Hadjadj, du réalisateur Rachid, de la réalisatrice Yasmine Chouikh, du directeur de la Cinémathèque, Salim Aggar, de l'acteur Faouzi Saichi et du musicien et compositeur Salim Dada, a retenu le film Héliopolis parmi trois autres films, à savoir "Súurs" de Yamina Benguigui, "Argo" de Ammar Belkacemi et  "Jennia" de Bahloul Abdelkrim, selon la même source. Produit par le Centre algérien de développement du cinéma (CADC), relevant du ministère de la Culture et des Arts, ce film avait été retenu pour représenter l'Algérie à la 93 édition des Oscars mais en raison de la  pandémie de Coronavirus qui a empêché sa projection, son réalisateur s'est retiré de la compétition, ajoute la même source.  Pour qu'un film figure sur sa première liste pour le meilleur long métrage international, l'AMPAS exige, entre autre, sa projection commerciale, durant au moins une semaine, dans le pays d'origine. Inspiré de faits historiques survenus en Algérie dans les années 1940, le film, d'une durée de 116 mn, raconte l'histoire de Mokdad Zenati, fils de "Gaïd" acquis aux thèses d'assimilation à la France coloniale et propriétaire de terres agricoles dans la bourgade d'Héliopolis à Guelma (Est algérien), mais son fils, ne l'entend pas de la même oreille, et  adhère aux idées anticolonialistes et indépendantistes, prônées par le courant politique des "Amis du manifeste de la liberté" (AML) de Ferhat Abbas auquel il se joint, consommant ainsi la rupture avec son père. A l'affiche de ce premier long métrage du réalisateur Djaâfar Gacem des acteurs algériens, tel Aziz Boukrouni, Mehdi Ramdani et Fodhil Assoul en plus d'acteurs français.  La 94e édition des Oscars aura lieu le 27 mars 2022 à Los Angeles aux Etats unis d'Amérique.  

Ahlam Mostaghanemi et Yasmina Khadra participent à la 40e édition de la Foire internationale du livre de Sharjah

mar, 19/10/2021 - 14:08
Les deux romanciers algériens, Ahlam Mostaghanemi et Yasmina Khadra participeront à la 40e édition de la Foire internationale du livre de Sharjah (Emirats arabes unis) prévue du 3 au 13 novembre prochain, a-t-on appris auprès des organisateurs. Née en 1953, Ahlam Mostaghanemi est l'une des plus célèbres romancières algériennes et arabes. Elle a à son actif plusieurs œuvres à succès dont certaines ont été traduites dans plusieurs langues telles que "Mémoires de la Chair" (Prix Naguib Mahfouz/Egypte 1998), "Le Chao des Sens" (1997), et "Les femmes ne meurent plus d'amour" (2012),  Né en 1955, Yasmina Khadra est un grand romancier en Afrique et dans le monde arabe. Il a écrit une trentaine de romans dont la majorité a été traduite dans plusieurs langues à l'instar de: "Morituri" (1997), "A quoi rêvent les loups" (1999), "L'attentat" (2005), "Ce que le jour doit à la nuit" (2008) ainsi que son dernier roman "Pour l'amour d'Eléna". Ses ouvrages ont remporté plusieurs prix internationaux. La 40e édition de la Foire internationale du livre de Sharjah verra, pendant 11 jours, la participation de 85 écrivains issus de 22 pays, dont des auteurs de renommée internationale comme le romancier tanzanien Abdulrazak Gurnah ayant remporté récemment le Prix Nobel de littérature. Sa présence à cet évènement sera sa première participation internationale après avoir reçu le prix.   Placé sous le slogan "ici...un livre pour vous", cette manifestation regroupera 1566 maisons d'édition de 83 pays dont 929 éditeurs arabes et 637 étrangers qui exposeront un total de 110.000 titres dans toutes les langues. L'Espagne invité d'honneur de cette édition, marquera sa présence par la participation de 41 artistes et écrivains espagnols. Pour sa part, le romancier koweïti, Talab Errefai sera honoré en tant que "personnalité culturelle de l'année" en hommage à son parcours littéraire. Le programme prévoit 440 activités culturelles, en sus des activités pour enfants, des pièces de théâtre, des spectacles de danse, dessin, art culinaire et autres. Cette manifestation culturelle prévoit à l'instar des éditions précédentes un concours doté de prix à savoir le prix du meilleur roman arabe, du meilleur livre étranger, de la meilleure maison d'édition émiratie, arabe et étrangère, outre le prix de traduction. L'édition de cette année se déroulera dans le cadre du respect des mesures sanitaires contre la Covid-19. Créée en 1982 et organisée par l'instance de Charjah pour le livre, la foire internationale est l'un des plus grands salons au monde avec plus de deux millions de visiteurs par an, selon la presse locale. APS

Mawlid Ennabaoui: une nouvelle école coranique inaugurée au Bastion-23

mar, 19/10/2021 - 10:04
Une nouvelle école coranique baptisée "M'çid" et une exposition destinée à la présentation de ce nouveau lieu de savoir et  de culte, bâti dans les normes de construction traditionnelles, ont été  inaugurés lundi à Alger, par la ministre de la Culture et des Arts, Wafa  Chaâlal, dans le cadre des célébrations du Mawlid Ennabaoui Ech'Charif.  Située au Palais des Rais-Bastion 23, "M'çid", a été restaurée en  respectant les normes de construction originelles qui valorisent le bâti  algérien dans sa tradition patrimoniale, que la ministre de la Culture et  des Arts a inauguré, pour visiter ensuite, au sein même de cette nouvelle  école coranique, une exposition qui présente ce nouveau lieu de culte et de  culture. Présentée également en braille (alphabet pour personnes non-voyantes),  l'exposition de ce nouvel espace, construit au XVIII siècle durant la  période ottomane, offre aux visiteurs deux modèles de "Lawhat" (grandes  ardoises sur lesquelles sont consignés les différents versets coranique  soumis à l'apprentissage), destinées aux enfants en début et en fin de  cycle d'apprentissage et de grands panneaux sur lesquels sont inscrites les définitions de différentes structures cultuelles. Un aperçu sur la calligraphie utilisée sur les lawhat, ainsi qu'une  reconstitution d'une "halqa" (élèves assis, lawhat en mains, autour de leur  maître) font également partie de l'exposition. "M'çid" est désormais dédiée à "l'apprentissage du Saint Coran et à  l'organisation de différents ateliers, dans le but, de faire connaitre ce  lieu d'une grande valeur patrimoniale et ouvrir l'esprit et l'imaginaire  des enfants", a expliqué la directrice de l'établissement, Faiza Riache. Wafa Chaâlal a également assisté à un concert de musique "T'Bel", un genre  proche de l'Ahallil de la région d'Adrar, exécuté, sous la direction de  Hadjadj El Berka, par une vingtaine de voix et quelques instrumentistes  jouant notamment aux, nay, zemmar (flûtes), tebla, el ouetra, el Guellal  (dans ses trois dérivés: rabbaâ, khellaf et Tin Beqqal), de l'association  "Tawassol adjyal Ech'Chellali" du ksar Wedgha de la wilaya d'Adrar. Un exposé sur ce genre de musique représentatif de la région d'Adrar a été  rendu à la ministre de la Culture et des Arts par le docteur en  Anthropologie culturelle et chercheur en patrimoine, Omar Hadjadj, avant de  lui remettre une demande d'inscription au patrimoine national de ce genre  de musique millénaire. Wafa Chaâlal a également rendu hommage aux cheikhs, Boudjemaâ Zemmar,  Mohamed Allali et Abdelkader Hadjadji, qui ont oeuvré à la sauvegarde et la  transmission de cette musique ancestrale. APS

Le documentaire "17 octobre 1961, un crime d’Etat" présenté à Alger

dim, 17/10/2021 - 09:01
Le long-métrage documentaire "17 octobre, un crime d'Etat" du réalisateur  Ramdane Rahmouni, mettant en lumière un des crimes coloniaux commis durant la guerre de libération, a été projeté samedi au public de la cinémathèque d'Alger.  Produit par le Centre national d'études et de recherches sur le Mouvement national et la Révolution du 1er novembre 1954, ce documentaire de 51 mn revisite ce sinistre évènement à travers des témoignages d'historiens,  militants et témoins de ce crime colonial commis à Paris durant la Guerre de libération nationale.  Ali Haroun, Ancien membre du Conseil fédéral de la Fédération de France du FLN, estime que le nombre de morts lors de ces manifestations est de minimum "200" manifestants jetés dans la Seine ou tués. Or, dit-il, certains pensent que le nombre de victimes s'élève à "400", compte tenu des militants arrêtés lors de cette manifestation et transférés, par la suite, en Algérie pour être mis dans des camps d'internement". Il souligne également que le décompte des victimes est établi sur la base des rapports reçus dans la semaine et la quinzaine qui a suivi la manifestation. De son coté, l'historien et militant politique français, Jean- Luc Einaudi (disparu en 2014) a qualifié le massacre du 17 octobre 1961 de "volonté de vengeance envers une population repérée en fonction de l'apparence physique et de l'idée que les policiers se faisaient sur les Algériens". Soulignant que de nombreux corps n'étaient pas identifiés, l'historien relève que les archives (Presse, police, justice et autres) donnent un chiffre d'au moins 400 Algériens massacrés lors de la manifestation du 17 octobre 1961.   Intervenant également dans ce documentaire, le moudjahid Mohand Akli Benyounès, responsable de la Fédération de France du FLN, a affirmé que la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris était une action pacifique qui a démontré la détermination du peuple algérien à recouvrer son indépendance, soulignant que "toutes les provocations lors de cette manifestation venaient de la police".  Mohammed Ghafir, moudjahid et ancien membre de cette structure du FLN basée en France, revisite cet évènement à travers le travail fait en France par la fédération pour préparer cette manifestation en soutien au combat armé contre l'occupation française.  Le documentaire fait parler également des témoins de cette manifestation qui se rappellent encore de cette journée funeste et surtout des exactions de la police aux ordres du préfet Maurice Papon.  "J'ai entendu des coups de feu et vu des accrochages entre forces de l'ordre et manifestants, violement réprimés par des policiers déchainés des manifestants vivants ont été jetés dans la Seine", a témoigné un manifestant.  Illustré de photos et de documents d'archives de presse, le documentaire donne la parole à d'autres membres de la Fédération du FLN, aux cotés de militants, écrivains et journalistes qui ont vécu cet évènement historique, réprimé dans le sang.  La cinémathèque algérienne propose la projection de films documentaire sur les massacres du 17 octobre 1961 à l'occasion de la commémoration de ce crime colonial commis à Paris durant la Guerre de libération nationale. "Le silence du fleuve" (1991) de Mehdi Lallaoui, "Ici on noie les Algériens" de Yasmina Adi ou encore "Octobre à Paris" de Jacques Panijel, comptent parmi les documentaires proposés au public.                    

Ecrire en lettre de sang les massacres du 17 octobre 1961

dim, 17/10/2021 - 08:03
Écrite en rouge sang sur le front de toute tendance oublieuse, la date du 17 octobre 1961 s’avère transhistorique, transgénérationelle. Le mythe tant réinventé d’une Algérie française s’est effondré sous la force des voix d’opprimés sacrifiés en offrande à la barbarie policière.  Un mardi pluvieux, les grandes artères de la capitale saturées, les défilés regagnent les monuments les plus importants, des milliers d’Algériens répondent ainsi aux appels du FLN et manifestent, pacifiquement, pour l’indépendance de l’Algérie. Plus de 11 000 arrestations  se sont effectuées au cours de la nuit du 17 au 18 octobre. Le nombre de morts n’est pas communiqué, aujourd’hui estimé à plus de 300, mais les blessés se comptent par centaines. La Seine, cœur battant de Paris, étouffe de sang et de corps désarticulés, au point de crier : « Ici, on noie les Algériens. » La presse française, en s’autocensurant, s’est appuyée sur le communiqué de Maurice Papon qui annonce qu’une foule d’Algériens a dû participer « sous la contrainte du FLN » à une manifestation et que « des coups de feu avaient été tirés sur les forces de police qui avaient répliqué. » Cette surenchère historique a bel et bien été retenue par la mémoire nationale. L’indignation de l’opinion publique internationale n’a pas manqué de réagir. Des journalistes, historiens, intellectuels à l’image de Pierre Bourdieu, ont essayé d’interroger ces faits survenus sur le sol français, qualifiés par des témoins de « la plus dure répression de l’Europe contemporaine. » Interdiction de constitution de commission d’enquête, saisi des journaux, interpellations, arrestations de témoins, c’est dans ce climat de violence que l’oubli du 17 octobre 1961 a été institué. Or, la mémoire ne s’est pas tue, les appels à la condamnation et la reconnaissance de ce crime fusaient de partout.  En 2017, à la veille de la commémoration du 57e anniversaire de ces massacres, une pléiade d’intellectuels et militants français a lancé une pétition dans laquelle ils demandaient la reconnaissance et la condamnation des événements du 17 octobre 1961 de « Crime d’État. » « Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la guerre d’Algérie, à savoir le racisme, l'islamophobie dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières », lit-on dans la pétition.