La situation de la femme arabe : les propositions de l'Algérie approuvées à l'unanimité

Les propositions de l'Algérie, à l'occasion des travaux de la réunion régionale arabe préparatoire pour l'élaboration d'un projet de déclaration arabe de la Commission de la condition de la femme arabe" qui tiendra sa 65e session en mars prochain à l'ONU, ont été approuvées par tous les pays participant à la 40e session de cette réunion.

La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Kaouthar Krikou, qui représente l'Algérie lors des travaux de cette réunion (présidée actuellement par Djibouti) tenue en visioconférence, a mis en avant l'expérience de l'Algérie dans le domaine de "la promotion du rôle de la femme et son autonomisation économique et sociale, notamment à la lumière du confinement adopté du fait de la propagation du covid-19".

La réunion devra adopter une déclaration à soumettre à la 65e session de la Commission de la condition de la femme de l'ONU, prévue en mars.

L'Algérie a réussi à obtenir le consensus des pays participant à cette réunion concernant les propositions portant élaboration d'un projet de déclaration arabe, notamment l'alinéa 1/4 relatif au soutien des efforts arabes basés sur l'élaboration d'une convention arabe pour la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles et la violence familiale et ce à travers les cadres concernés".

La ministre a suggéré la reformulation de cet alinéa afin de parvenir à une formule standard pour tous les pays de manière à ce qu'aucun avis ne soit annulé, et ce dans l'objectif de l'introduire à "la déclaration arabe commune sans toucher aux mesures devant être prises pour l'élaboration de cette convention", a-t-elle poursuivi.

L'alinéa en question s'est heurté à l'opposition de certains pays qui ont demandé son annulation et sa suppression (l'Egypte, l'Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis), alors que d'autres pays avaient demandé de le garder et de le détailler davantage, avant que l'Algérie ne propose sa reformulation "dans le fond et en la forme" de manière à être conforme à toutes les politiques des pays arabes.

L'Algérie est également intervenue au niveau de l'alinéa 2/7 du projet de déclaration, lequel évoque le renforcement de la participation de la femme à l'économie nationale dans les secteurs public et privé, en mettant en place et en développant des politiques garantissant l'égalité des chances pour obtenir un travail décent et en prenant les mesures nécessaires visant à réduire les écarts dans les salaires entre hommes et femmes, Ainsi la représentante de l'Algérie a demandé l'ajout de l'expression suivante: "en cas d'écarts dans les salaires entre hommes et femmes", car en Algérie, à titre d'exemple, il n'existe pas d' différence de salaire entre les femmes et les hommes.

Krikou a également mis l'accent sur une proposition visant à exhorter les Etats membres à "adapter leurs plans et stratégies nationaux pour répondre aux besoins des femmes et des filles à la lumière des répercussions de la Covid-19", une proposition, qui à son tour, obtenu l'unanimité des pays participants.

Dans une déclaration à la presse, à l'issue de la réunion, la ministre a indiqué que "l'approbation de toutes les propositions de l'Algérie, reflète l'empreinte de notre pays et son implication dans l'élaboration des politiques internationales".

Il convient de noter que cette réunion se déroule conformément aux objectifs énoncés dans l'ordre du jour, afin de parvenir à "la prise de décisions et à la participation pleine et effective des femmes à la vie publique et à l'élimination de toutes formes de violence pour parvenir à l'égalité des sexes et à l'autonomisation de toutes les femmes et les filles".

Les pays arabes ont présenté leur politique en matière de la promotion du rôle de la femme et leurs stratégies à cet égard, notamment pendant la période du confinement et de la propagation du coronavirus, un aspect que l'Algérie a tenu en compte en mettant en avant les décisions souveraines du Président de la République en termes de mesures préventives contre la propagation du nouveau coronavirus, à l'instar de la démobilisation des femmes travailleuses enceintes ou celles ayant des enfants en bas âges, tout en leur garantissant leur salaire, et en intensifiant les efforts pour impliquer les femmes dans le processus de production nationale, des mesures qui ont conféré un caractère exceptionnel à l'expérience algérienne.

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